Des activistes dénoncent le greenwashing chez Lidl

Dans le cadre de la campagne #BelgiumActNow [1] pour le climat, ce samedi à 11h00, 20 membres des Brigades d’Actions Paysannes ont organisé la visite de magasin Lidl, rue Gray à Ixelles. Les activistes dénoncent le greenwashing de l’enseigne, qui présente son supermarché comme écologique, alors qu’il distribue des produits ayant un impact désastreux sur l’environnement, l’agriculture et les travailleurs.


Le groupe a parcouru les rayons du supermarché en s’arrêtant devant quelques produits correspondant très mal au logo écologique du magasin, comme les légumes d’été importés de loin et conditionnés dans du plastique, ou encore des sucreries à l’huile de palme, dont la production entraîne déforestation et destruction des écosystèmes des régions tropicales. Après avoir élu le « pire produit de l’année 2017 », ils ont déroulé une banderole devant le magasin, dénonçant les fausses solutions face à l’urgence climatique.

 

Par cette action, les Brigades d’Action Paysannes soulignent le rôle central de la grande distribution dans le système de production alimentaire agro-industriel, responsable de la disparition de l’agriculture paysanne et de la destruction de l’environnement. Phil Hogan, le commissaire européen à l’agriculture et au développement rural, déclarait : « Les supermarchés, en particulier, jouissent maintenant d’un superpouvoir, dû à l’effet couplé d’une mondialisation accrue et au haut niveau de concentration en Europe. Cela leur donne un poids disproportionné sur les producteurs primaires »[2]. Intermédiaire entre producteurs et consommateurs, la grande distribution pousse à une diminution maximum des prix et à une standardisation des aliments. Elle encourage une production industrialisée qui repose sur l’exploitation d’une main d’œuvre bon marché et l’utilisation massive de ressources naturelles et d’énergies fossiles.

 

Frédérique, membre des Brigades d’Actions Paysannes, déclare à l’issue de l’action : « Notre système alimentaire actuel est dépendant du pétrole, de la déforestation et de l’exploitation des travailleurs. Des enseignes comme Lidl en sont les principaux organisateurs. Il ne suffit pas de mettre quelques panneaux solaires sur le toit ou de vendre des produits bio importés depuis l’autre côté de la planète pour se déclarer écologique. Nous sommes ici pour montrer que nous ne sommes pas dupes. Des solutions existent ! Il faut favoriser une agriculture paysanne qui prend soin de son environnement, de la santé des consommateurs et du bien-être des producteurs. On ne peut attendre demain pour agir en ce sens. »

 

[1] Du 16 au 19 novembre, soit à la clôture de la COP23, dans plusieurs villes belges, une série d’actions sont organisées dans le cadre de la mobilisation pour la justice climatique #BelgiumActNow

[2] Phil Hogan cité par Felicity Laurence, « The supermarket food gamble may be up », The Guardian, 20/02/2017 (traduction par l’auteur)

Source: https://www.benborges.xyz/2017/des-activistes-d%C3%A9noncent-le-greenwashing-chez-lidl-belgiumactnow-cop23

Related Posts

06 Nov
RTBF: COP23 le point sur la situation belge

Les manifestations au COP23 á Bonn dans le journal RTBF de 19h30.     Source: https://www.rtbf.be/auvio/detail_cop23-le-point-sur-la-situation-belge?id=2273717 Publié le 5/11/2017

05 Nov
La Libre: COP23: les trucs et ficelles de la Belgique pour raboter ses « objectifs climat »

« Il y a extrême urgence à agir, tous ensemble, contre le réchauffement climatique » , écrit la ministre fédérale Marie-Christine Marghem (MR), dans sa note de politique générale 2018, qu’elle présentera au Parlement. « La Belgique continuera de plaider en faveur d’un régime climatique multilatéral, ambitieux et efficace » , poursuit la note de 18 pages qui conclut,

31 Oct
Communiqué de presse Climate Express: Peloton pour le climat vers Bonn

Ce mercredi 1er novembre, 350 Belges partent depuis Bruxelles pour une balade à vélo de 270 km jusqu’au sommet climatique de Bonn. Climate Express veut remettre le climat à l’ordre du jour et présente aux décideurs six exigences concrètes. « Nous avons besoin d’un changement de voie sociétal », explique Samuel Lietaer de l’organisation. « La capacité de

Comments

Leave a comment